"Saga Africa

Ambiance de la brousse

Saga Africa

Attention les secousses".

En ce samedi matin 15 juin, l'air de "Saga Africa" en tête, Françoise, Olivier, Irène, Jean-Paul, Céline, Claude, Carine, Nicolas, Patrick, Jean-Emmanuel, Annie et moi nous apprêtons à escalader, avec le guide Maxence, le redoutable Mont Afrique. A plusieurs reprises, la section "marche nordique" de l'ASPTT a déjà vaincu, cet hiver, la face nord alors enneigée du deuxième plus haut sommet du massif de Côte d'Or. Jean-Michel, Elisabeth, Guy, Chantal, Jacques, Nicolas et bien d'autres se souviennent encore des chutes dans la neige, et du thé chaud et des cookies moelleux, après avoir gravi ce sommet.

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L'origine exacte du toponyme Afrique, plutôt insolite pour la Bourgogne, n'est pas clairement établie. Une légende locale et quelques auteurs pensent qu'il fait référence à un corps auxiliaire des légions romaines (la 8ème légion, dite Africa), constitué de troupes africaines, qui aurait stationné en ce lieu. La "bataille de Dijon"  aurait opposé la cavalerie de Vercingétorix à l'armée romaine de César dans une plaine située aux environs de la ville de Dijon, avant la célèbre bataille d'Alésia. Le bois du "Camp de César " est d'ailleurs tout proche.

C'est ici, au Mont Afrique, qu'est construit en 1925, le premier "phare terrestre pour la navigation aérienne". L’idée, à l'époque, est de jalonner les grands itinéraires traversant la France d’est en ouest et du nord au sud par des phares, environs tous les cinquante kilomètres, comparables à ceux qui bordent les côtes maritimes. Dijon, placé au croisement de ces axes principaux, est logiquement choisi pour abriter le plus puissant de tous. Par temps très clair, le pinceau lumineux du phare du Mont Afrique - vingt fois plus puissant que les celui des phares maritimes de l'époque - atteint les 350 km… Il "touche" alors les villes de Rouen, Bruxelles, Anvers, Turin... 

Aujourd'hui, il n'y a plus de phare à voir au Mont Afrique. Devenu obsolète avec l'arrivée des radars, il est retiré du service en 1960. N'empêche, ils y vont quand même les valeureux marcheurs nordiques de l'ASPTT Dijon !  Le Mont Afrique, c'est surtout, ce matin, un terrible raidillon qu'il va falloir avaller. Maxence a annoncé la couleur lors des échauffements, au milieu des bavardages :  "tout à l'heure, vous serez moins bavards, vous allez voir..." Le départ à Corcelles-les-Monts depuis la rue du Naizou était pourtant plutôt cool, le long du lit d'une rivière à sec. Ca descendait vite, dans la combe des Grenets.... Mais, comme il fallait s'y attendre, arrivé au plus bas ça remonte "dré dans l'pentu". Trois cent mètres de dénivelé et une pente moyenne de 15% attendent les téméraires "nordic walkers" bourguignons.

Dans cette longue montée vers le Mont Afrique, quelques vieux chênes - me reconnaissant sans doute car ils m'avaient un jour généreusement offert soutien, aide et réconfort - m'invitent à nouveau à bénéficier de leur peu confortable mais si appréciable appui. Je décline poliment cette aimable invitation, craignant qu'ils ne me laissent repartir. Il ne faut pas abuser de l'hospitalité d'autrui, fût-ce celle d'un chêne de la forêt de Plombières.

Chacun à son rythme, l'ascension se fait en ordre dispersé et sans trop de bavardage...Les conversations reprennent une fois le terrible sommet à nouveau vaincu. Les derniers exploits de Jean Emmanuel, qui a fait de la rallonge à la Bergamote de Nancy dimanche dernier sont largement commentés, ainsi que le tour de la Motte Giron "à fond la caisse" jeudi dernier avec Maxence, Patrick, Christian et votre serviteur. On pense déjà à la pétanque, au Chablis et aux saucices du barbecue de jeudi prochain à Saint Apo. Certains - Jean Emmanuel, Patrick, Claude...- se demandent s'ils vont faire 12 ou 30 km lors de la prochaine marche de Luxeuil le 23 juin. D'autres enfin ont la tête dans la compétition de marche nordique que l'ASPTT de Dijon compte organiser en octobre prochain. Enfin, chacun pense surtout à la bonne douche qui l' attend pour enlever toute trace de poussière, de sueur et de fatigue après cette héroique ascension.

La trace : 

 https://maps.google.com/maps/ms?msa=0&msid=213598716159773615649.0004df30cf5addf96d310