La Transju'Trail 2013, c'est fait ! 

Après avoir à maintes reprises consulté la météo, lu et relu le règlement de la Transju, affûté les pointes des bâtons, rempli les gourdes, plié la couverture de survie et vérifié le sifflet, Josiane, Jean-Emmanuel, Corinne, Jacques et Sergius s’apprêtent à se lancer sur les pentes du jura franco-suisse pour une marche de 15 km et 600 m de dénivelé positif.

Aucune difficulté n’est rencontrée sur la route. Seule, une barrière de télépéage paraîtra arriver bien vite sur la voiture aux passagers du « Scénic ». En fait, le conducteur, Jean-Emmanuel, teste la vitesse maxi à laquelle il peut passer le télépéage sans s’arrêter. Aujourd’hui, c’était 42 km/h et "ça l'a fait !"

L'arrivée des cinq dijonnais, avec leurs casquettes orange fluo avec logo ASPTT brodé, est très remarquée. Un Bisontin les aborde : "Ah! Les belles casquettes que voilà ! Vous venez de Dijon ?"

Jean-Emmanuel : "Oui...et à pied". Le dialogue est établi...Bon, le bisontin en question a vécu à Dijon et il nous raconte sa vie. Il habite dans un petit village près de Besançon, et il fait de la marche nordique avec une douzaine de potes. Aujourd'hui ils sont cinq à être venus marcher avec lui...

photo groupe

Récupération du dossard et du tee-shirt - taille unique, M pour les messieurs et S pour les dames - et direction la "ligne de départ" au pied de la Dole pour quelques échauffements. Une question fondamentale se pose : le dossard, on le met sur la cuisse droite, comme stipulé dans le règlement ? Ou dans le dos ? Ou sur le sac ? Ou bien devant ? Je le fixe sur la cuisse, le démonte, le mets sur le sac, sur le poitrail ; oui, mais si on met un K-way par-dessus, on ne le voit plus... ? Et puis, ça ne risque pas de déchirer les vêtements ces épingles ? Josiane lance, moqueuse : "il ne sait pas où se le mettre, le Sergius !"Je le remets sur la cuisse. Le règlement, c'est le règlement. 

Mes compagnons s'échauffent... Tout à coup, je sens un élément, fondamental lui aussi, m'échapper, lentement mais sûrement. L'élastique de mon collant n'assure plus, et ce dernier, irréfutablement, va dans le meilleur des cas, se transformer en pantalon "baggy", ou pire, me tomber sur les chevilles dès les premiers pas. Fort heureusement - déjà échaudé lors d'une précédente sortie où j'avais dû tenir mon futal -  j'ai prévu la parade, en l'occurrence... une paire de bretelles. Sauf qu'elles sont au fond du sac, ce qui me vaut de déballer illico le dit sac sous les quolibets de mes comparses. Problème : essayer donc de fixer des bretelles sur l'arrière du futal, sans le quitter, quand vous avez mis vos tee-shirts, le K-way, la casquette orange, le sac à dos, le porte-bidon....Il vous faut une assistante habilleuse ! C'est Josiane qui va occuper ce poste à haute responsabilité et qui me tirera ainsi d'une délicate situation. 

Le groupe démarre enfin l'ascension "dré dans l'pentu" de La Dole, deuxième sommet du Jura Suisse (1677 m), et qui est, ce matin, dans la brume. Le parcours est gras et de nombreuses plaques de neige sont encore présentes. Chacun monte à son rythme. Ça s'étire vite... Jean-Emmanuel laisse rapidement sur place les autres concurrents. Jacques le talonne de près, je suis derrière et les filles ferment la marche. Le ciel est un peu gris mais il ne pleut pas et, de temps en temps, un timide rayon de soleil fait une (trop) courte apparition.

Après une rude montée parmi gentianes, boutons d'or, millepertuis et crocus, je retrouve Jacques, pas réchauffé du tout, au sommet de la Dole. Il vient de  faire mentir les dépliants touristiques qui indiquent, pour le sommet de la Dole "vue imprenable sur les Alpes" en prenant une photo. Mais ce n'est pas aujourd'hui que nous verrons le Mont Blanc et le lac Léman, c'est bouché... Corinne et Josiane sont un peu loin derrière. Je marche quelques instants avec Jacques, dans la neige. N'ayant pas vraiment marché depuis quelque temps, je me laisse décrocher, ne voulant pas trop forcer.

Après le ravitaillement, peu après la traversée de la route des Jouvencelles, je suis surpris de revoir Jean-Emmanuel me doubler alors que je le croyais loin devant.  Il est vrai qu'il nous a habitués, lors des marches en Bourgogne, à réapparaître subitement derrière un groupe. Il m'explique rapidement qu'il s'est planté dans le parcours, faisant ainsi des kilomètres en plus, et qu'il s'est retrouvé sur le parcours du Trail des 70km ! Décidément, trop rapide notre Jean Emmanuel... Il allonge le pas et me laisse sur place à nouveau.

Le parcours continue à travers sapins, épicéas et mélèzes : col de Porte, Poêle Chaud, Couvaloup de Crans. Couvaloup doit son nom au fait que des loups ont été trouvés morts dans des crevasses (cuves) suite à un violent orage au cours des années 1960. Sur les verts pâturages de la Grenotte, le regard sans expression, quelques vaches bressanes et montbéliardes agitent légèrement leurs clochettes sur notre passage, totalement indifférente aux efforts des marcheurs. D'après Jean - Emmanuel, les seules vaches qui ont un regard expressif sont les vaches aux yeux bleus. Celles-ci avaient l'œil couleur acajou, me semble-t-il. A moins qu’il ne fut noir, ou rouge, ou…

Enfin j’aperçois le fort des Rousses que les organisateurs ont eu l’excellente idée de nous faire traverser, avec un magnifique escalier de cinquante marches à gravir pour terminer. Bah, on a vu d’autres, ne serait-ce que les « Cent Marches » de Fixey du bon vieux grognard Noisot…J’arrive en même temps qu’un concurrent du Trail qui me double en courant. Il vient de se faire 70 km et il est parait frais comme un gardon…

Je rejoins Jean-Emmanuel et Jacques au parking. Je m'enquiers de la possibilité de prendre une douche. Jacques, qui est déjà allé voir, 'explique la situation. Les douches sont à 350 m, l'eau est froide et il n'y a rien pour poser les fringues. Il faut donc parcourir ces 350 mètres dans le plus simple appareil, depuis la voiture. Même en gardant sa casquette fluo vissée sur la tête, Jacques a renoncé à faire ce parcours naturiste... Je renonce également à la douche.

L'arrivée de Corinne et de Josiane se fait sous les acclamations du public enthousiaste. Il faut dire que les coureurs des Trails arrivent ici en même temps... Mais, encore une fois, les belles casquettes de nos deux héroïnes, visibles de loin, sont remarquées par le commentateur de la course, à notre plus grande joie.

A l'arrivée, chacun commente ses exploits. Jean Emmanuel raconte à nouveau ses kilomètres effectués en plus. Il est arrivé trop tôt au « ravito » de la marche nordique (pas prêt). Il est allé sur celui des 70 km et il s'en est fait "jeter",au prétexte qu'il raflait toutes les portions de comté, n'en laissant pas pour les autres ! Là, troublé, il s'est trompé de parcours...Corinne et Josiane ont rencontré un beau coach franc-comtois qui leur a appris à faire les descentes de boues debout.

Mettant la méthode en pratique, Josiane n'est tombée que quatre fois et Corinne que cinq fois...

Pour ma part je me suis ramassé deux fois dans la neige et trompé de parcours sur quelques centaines de mètres, suivant de trop près une belle gazelle qui s'était trompée aussi... Jean Emmanuel a failli tomber et Jacques est "resté sur ses appuis", comme on dit au rugby.

Sur la route du retour, un arrêt "Comté" dans une fruitière s'impose. Corinne n'en n'a pas acheté cette semaine, comptant bien faire le plein aujourd'hui. Jean-Emmanuel et moi, sommes également preneurs. Il y a bien moins de place dans le coffre au retour qu'à l'aller, mais on y arrivera bien. Josiane a programmé un arrêt dans la seule fruitière de la région ouverte le dimanche après-midi à Poligny, selon elle. "Surtout n'allez pas dans la fruitière en face, il y a des mouches sur les meules" précise-t-elle. Ouais...Nous ne pourrons pas vérifier si les mouches sont bien "dans la fruitière d'en face". Ni dans l'autre, d'ailleurs, les deux sont fermées... Ce sera pour l’année prochaine !

La trace :

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