Nous sommes huit marcheurs et marcheuses ce mercredi matin, au rendez-vous fixé par Franck à Couchey, village de la route des Grands Crus coincé entre la Combe Vaulon et la Combe Pévenelle.  Dans les environs, on appelle simplement Couchey "la Montagne".

Couchey possède de nombreux tumulus recouvrant d'anciennes sépultures : tumulus de la Montagne, de la Rente Neuve, du Bois de Taviard, du bois de la Jeune Ronce....Ces tumulus  ont été explorés à la fin du XIXème siècle et au début du XXème. Des ossements, du mobilier, des  bracelets en bronze datant parfois du Vème ou VIème siècle avant notre ère ont ainsi été trouvés lors de fouilles archéologiques dont certains sont visibles au Musée archéologique de Dijon. Ce matin, nous ne verrons ni tumulus ni le Mont Blanc visible souvent depuis la table d'orientation, par temps clair.

Après quelques échauffements, le groupe se met rapidement en marche à travers les bois de Taviard, des Rouvrais, du Boujon, entre Combe Laveau et Combe Vaulon. Il n'y a pas vraiment de dénivelé ce qui permet de soutenir un bon rythme et d'effectuer des exercices de renforcement et de cardio. 

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Quelques beaux escargots et de nombreuses limaces rouges et noires, en ballade, viennent à notre rencontre ce matin.  Soucieux qu'ils sont de respecter l'environnement et la biodiversité, nos marcheurs zigzaguent entre les gastéropodes pour éviter des plantés de bâton malencontreux. Je demande à les comparses si les limaces bourguignonnes sont comestibles... Devant le peu de réponses, je sens bien quelques réticences pour une éventuelle dégustation lors du prochain barbecue de la section Athlétisme de  l'ASPTT, la semaine prochaine. Contrairement a l'escargot, qui jouit d'un haut prestige gastronomique, économique, symbolique, littéraire, voire philosophique, la limace inspire une répulsion mêlée de dédain. Je voudrais ici réparer cette offense...Il est absurde de se délecter de l'escargot, fut-il bourguignon (je préfère la "cagouille" charentaise), et de rejeter le goût délicat de la limace. Celle-ci en effet recèle, parait-il, des qualités gustatives insoupçonnées. Selon des gastronomes émérites, la limace serait délicieuse et se marierait a la perfection aux plus grands crus bourguignons. De fins gourmets ont aussi découvert qu'elle se gobait merveilleusement bien, comme une huître, ce qui faciliterait son ingestion.

La limace a, par ailleurs, des propriétés médicinales méconnues. S'il est de notoriété publique que toutes les sorcières utilisaient de la bave de limace dans leur potion magique, il est moins connu que les limaces étaient utilisées pour faire disparaître les verrues... Seuls les plus de 60 ans s'en souviennent ! Vieux remède des mineurs, le sirop de limace rouge a une action adoucissante sur les voies respiratoires et digestives. 

Enfin, sur le plan diététique, la limace est un met dont la teneur en collagène est bénéfique pour la peau. On trouve d'ailleurs de plus en plus de produits cosmétiques à base de bave de limace et d'escargot.

Franck nous invite à effectuer quelques exercices de renforcements et de cardio, en binômes. La bonne humeur est de mise. C'est l'occasion pour Jean Paul de vérifier que son laboratoire embarqué au poignet, à savoir un cardiofréquencemètre dernier cri, fonctionne bien. La règle bien connue de la fréquence cardiaque maximale (FCM) "220 moins l'âge" du moins connu physiologiste suédois Astrand est vérifiée...

La belle marche, dans les bois de Couchey, se termine sans que nous ayons rencontré âme qui vive, à l'exception des limaces et escargots. Couchey semble observer l'agitation des hommes et des femmes qui, dans la plaine, vaquent à leurs occupations. Ici, ces hommes et ces femmes ont choisi de respecter la quiétude en privilégiant la nature et en la mettant à la disposition de vaillants marcheurs nordiques de l'ASPTT.