Ce matin, l’ami Jean-Pierre, pas très réveillé, nous attendait à la Combe à la Serpent, cherchant vainement la place de l’église (…), alors que nous avions rendez-vous à Corcelles. Il rejoint finalement le groupe (Jacques, Bernard et bibi), évidemment charrié par ses comparses. Coachés par l’intrépide Maxence, le quarteron de marcheurs nordiques se met en marche, sur un terrain rendu glissant par les dernières pluies.

A peine plus rapides que nos amis « Helix Pomatia » -  dit communément escargots de Bourgogne - nombreux sur le chemin ce matin, nos marcheurs se demandent silencieusement à quelle sauce ils vont être mangés…

escargotLa réponse ne se fait pas attendre. Aujourd’hui, ce sera l’assaut du Mont Afrique, par la redoutable face Nord. Pour Jean Pierre, c’est sa première ascension. Pour moi, ce n’est pas la première, mais c’est toujours aussi dur. J’ai le temps de penser au bonheur des escargots, rendus joyeux par la pluie de la nuit dernière. On dit dans la région que le tunnel ferroviaire de Blaisy-Bas, près de Dijon, a été construit à travers la montagne de l’Auxois pour éviter que les escargots ne se collent sur les rails et ne fassent dérailler les trains. Ah, si nous avions un tunnel, nous aussi…

Savez-vous d’où vient l’appellation « escargots de Bourgogne » ? L’histoire raconte qu’en 1814, Talleyrand, intendant de Napoléon, doit déjeuner un jour avec le Tsar Alexandre 1er chez un restaurateur bourguignon. Or, ils sont tant en retard qu'il ne reste plus rien à leur servir. Le restaurateur, en panne d'idées, voit alors des escargots dans son jardin et décide de les servir comme de la viande. Il joue alors de quelques subterfuges : de l'ail pour « cacher le goût », du persil pour « adoucir la vue » et du beurre pour « faciliter la déglutition ». Une ruse apparemment payante, puisque le tsar plébiscite la recette. En rentrant chez lui, alors qu’il voit partout en Europe ces mêmes escargots, il les dénomme « escargots de Bourgogne».

Nous voici au sommet du Mont Afrique. Un petit temps de récupération et ça repart, plus calmement. Le village de Flavignerot est traversé à bonne allure. Retour au pied du Mont Afrique. « Puisque vous l’avez bien aimée cette grimpette, vous la referez bien une deuxième fois ! » s’exclame Maxence... Et voilà comment on se dit qu’on aimerait bien être un escargot, de temps en temps. Bon, la deuxième fois, c’était moins dur. La prochaine fois, on essaiera  une troisième ascension….