Ce matin, l’orage menace mais Chantal et Jacques m’ont quand même rejoint à Flavignerot, ce village « du bout du monde » comme disent ses habitants. Nous n’irons pas demander aux carmélites toutes proches de faire quelques prières pour que le ciel ne nous tombe pas sur la tête. Le différend entre Chantal ses dieux mayas, aztèques et hindous est réglé...Donc pas de problème, il fera beau.

leuzeu

Nous nous dirigeons vers le col de la Miale (altitude 507 m), carrefour entre le GR7 reliant les Pyrénées aux Vosges et le célèbre parcours Sagé « aux croix blanches ». La fontaine au sommet du col est encore à sec, plus pour longtemps sans doute. Après quelques kilomètres, nous découvrons, peu après le col du Leuzeu et perdue au milieu des bois, l’immense ferme du Leuzeu. Cette ferme était, au XIIIe siècle, une sorte de grand manoir avec un relais de chasse qui aurait servi à des rendez-vous galants de Marguerite de Bourgogne...La hauteur des ruines témoigne de la richesse passée de ce bâtiment. Un petit ruisseau, le Leuzeu, court entre les bâtiments.

L'histoire la plus connue de cette ferme remonte à la seconde guerre mondiale. En 1944 a lieu en effet la bataille du Leuzeu, où le maquis « Liberté », qui compte une centaine de résistants, réussit à refouler la milice venue les arrêter.

Aujourd'hui une association, les « Amis du Val de Leuzeu » a entrepris la restauration de cette ferme et l'on voit petit à petit apparaître les formes des anciens bâtiments. Il est possible de pique-niquer à l’extérieur et de s’abriter dans cette ferme.

A la sortie du col de la Thorpe, le sol est un peu glissant et je me paye une belle gamelle, sans gravité, mais très spectaculaire, provoquant l’hilarité de mes deux compères et de moi-même ! Nous nous dirigeons vers la rente de Chamerey, magnifique gite, très bien entretenu. Le terme « Rente » remonte au moyen-âge. Le seigneur met une terre à disposition d’un roturier, moyennant la « tenure ». Si c’est à un noble, on parle de « fief ». La somme touchée, la  « rente », est fixe et indépendante du résultat du travail réalisé. Plus tard, ces «rentes» seront données (dot), vendues, serviront à prendre des crédits, ce qui mettra en route le marché foncier rural. Le terme de « rente » restera attaché à ces fermes.

Retour vers Flavignerot. Les vêtements de pluie emportés par précaution n’ont pas servi. Cette fois, pas de doute, la hache de guerre bien enterrée entre Chantal et les dieux de la pluie .