Après ma chute en avril, je craignais de ne pas pouvoir participer à l’incontournable marche nordique de l’Ultramarin. Mais non, j’y suis bel et bien, cette année encore, avec Patrick !

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Dès jeudi, à Vannes c’est la visite du village partenaires, sous un beau soleil. Il n’y a pas encore foule, ce qui nous permet, à Josiane, Bernadette et moi de discuter avec le parrain de l’Ultra, Serge Girard. Habitué des courses interminables, ce sportif de haut niveau s’apprête à parcourir le monde en ramant à travers les océans et en traversant les continents en courant. Il va parcourir 45000 km et Patrick et moi 29....Mais, après tout, nous sommes tous les trois dans un sport de propulsion, lui avec des rames, nous avec des bâtons !

Allez savoir pourquoi, je m’attarde ensuite bien plus sur les stands du «Trail du chocolat » et des « Biscuits la Trinitaine », que sur celui de « La Diagonale des Fous » de la Réunion...  

Mon dossard récupéré, il faut maintenant se préparer avec une bonne alimentation et une hydratation convenable. La « Table de Jeanne » devrait faire l’affaire. Les huîtres et pétoncles du golfe, lottes, millefeuilles et autres mets du chef, Jean Marc Lucas - qui a été chef de cuisine à « La Tour d'Argent », chez « Le Nôtre » et au « Château La Bourgogne » à Dijon - nous raviront les papilles...

Vendredi, c'est journée de repos avant l’épreuve. Au programme et toujours sous le soleil, visite du château de Suscinio et de la presqu'île de Rhuys. Après avoir épargné une famille de faisans sur la route et sauvé un petit caneton d’une mort assurée, nous aurons bien mérité une halte dans un resto de Sarzeau où, à nouveau, les spécialités bretonnes seront honorées. En soirée, nous retrouvons Patrick, Fred et Coralie sur l’esplanade du port de Vannes pour assister au départ du Grand Raid (177 km). Sonneurs de cornemuses et de bombardes du Bagad de Vannes termineront cette journée pour nous avant la marche de demain.

Samedi. C’est « le grand jour ». Mais changement de décor !  « Horizon pas net, reste à la buvette » dit un proverbe breton. Un autre : « Goéland qui s'gratte le gland, signe de mauvais temps! Goéland qui s'gratte le cul, pas bon non plus » ! Et aujourd’hui, ils se grattent partout, les goélands... Je repasse vite au village pour un achat catastrophe d’un vêtement de pluie. La chance est avec moi : c‘est le dernier. Vite, dans le bus pour Séné où le départ a lieu à 12h30.

Séné. Les pros sont là, Jean Philippe, Francky..., je reconnais d’autres concurrents vus sur les vidéos du championnat du monde de Roding. Cette année, des sas ont été mis en place au départ. Patrick se place bien évidemment dans le sas des « moins de 3h15 » et je me mets prudemment dans celui des « moins de 4h30 ». Je sais que je ferai moins bien que l’an passé, ne pouvant pas pousser encore trop sur mon bras droit, toujours en rééducation.

Le sol est glissant, les chemins sont rendus collants et boueux par la pluie et par les coureurs du Grand Raid et de la Ronde des Douaniers qui sont passés avant nous.

Pointe du Bill... Mon « fan club » est là et ça réconforte. « Live GPS », le suivi temps réel de la  compétition, permet à mon épouse de nous suivre Patrick et moi sur le parcours et d’être présente aux points stratégiques. Je la retrouve à Port Anna où je lui laisse mon vêtement de pluie. Aie ! Je me suis un peu tordu le pied sur une pierre...Port Anna : pas trop le temps d’admirer le paysage mais c’est très beau. Les « sinagos »,  de petits chalutiers en bois noircis au « coaltar » et aux voiles rouges, et la cale sur laquelle s’animent pêcheurs forment une vraie image de carte postale. Des chants de marins retentissent sous les pins. « Le loup, le renard et la belette », ça vous donne du courage !

Je pensais avoir un ravitaillement plus éloigné qu’aux 9 km. De ce fait le gel « anti coup de pompe » mis dans le sac au dernier moment est apprécié. Mon fan club est encore présent sur la route de Morboul. Le moral remonte et la pluie s’estompe. J’entends, dans ma tête, Patrick 2 : « T’occupes pas des signaux, mets du charbon !», mais la patte tire un peu si je la sollicite trop. Je me contenterai de finir au milieu de nantais qui vantent leur belle région, de rémoises marathoniennes qui m’invitent au prochain Trail du Tordu et d’allemands qui espèrent déjà affronter la France vendredi prochain à Rio et me voir l’an prochain au « Nordic Walking Gipfel » de Breitnau...

Partout l’accueil des habitants de Séné est super : « Courage Serge ! », « Bravo Serge ! »... ça fait du bien quand on a un coup de mou....

Côté boisson, je n’ai rien de trop. Au départ, j’avais mis 1,5 litre d’eau dans mon camel-back, mais je boirai tout avant l’arrivée. A retenir ...

L’arrivée n’est plus très loin, mais cela finit avec les pavés et le bitume. Mes « groupies » sont là : Bernadette va me chercher un jus de fruit, Josiane tient mes bâtons et mon sac, Fred m’aide à enlever mon tee shirt.... Je vais au ravitaillement un peu flagada et, devant la queue pour avoir un plat chaud, sous la pluie froide, je renonce... Josiane me tend une part de flan que j’engloutis tel un loup. Patrick, arrivé depuis plus d’une heure, me dit qu’il n’était pas très bien non plus à l’arrivée. La douche sera appréciée.

Michel Casassus sera premier, Hakim ayant été déclassé après une pénalité, et Patrick cinquième, devant Franck, Jean Philippe et Alain. Comme prévu, je fais moins bien que l’an passé : 4h24 au lieu de 3h52. Mais mon objectif est atteint, moins de 4h30 (et surtout terminer)

Dimanche de récupération à Belle Ile sous le soleil retrouvé, avec les aiguilles de Port-Coton, peintes à maintes reprises par Claude Monet. Mais, pour moi ce dimanche, c’est plutôt « jambes en coton »...  

Kénavo Vannes ! 

Ma trace ICI. 

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