« Belettes blanches de la Saint-Symphorien, annoncent que l’hiver est en chemin ». Aujourd’hui, 22 aout, c’est la Saint Symphorien. Les vacances pour certains et le travail pour d’autres réduisent l’effectif de la « Burgundy Nordic Walking » à cinq marcheurs et marcheuses. C’est donc seulement le « Club des Cinq » qui se retrouve à Plombières les Dijon, près du viaduc de Neuvon.

Le programme sera un peu plus long que d’habitude pour une marche nordique de 13km avec un bon dénivelé de 300 m, dans les Combes Cigey, Torcy et Rondot, sur le GR7 et dans les Bois de la Grésille et du Contard.

Il fait un peu frais ce matin sous les grands charmes, hêtres et chênes de la combe Cigey. Les sources toute proches de Fontenotte, de Torcy, de la Tuilerie ainsi que la rivière souterraine du Neuvon, bien connue des spéléologues, rafraîchissent aussi l’atmosphère. Mais l’allure soutenue de nos cinq marcheurs va faire monter la température et leur permettre une bonne exploitation de leur stock de  glycogène musculaire.

 

dame_blanche_aux_fraises_015

Je vais tester une nouvelle application d’aide à la navigation, « My Trails » sur mon téléphone. Après avoir longtemps utilisé « Orux Maps » (et connu pas mal de déboires dus à l’absence véritable de cartographie...) j’ai finalement opté pour « My Trails » qui présente l’avantage de fournir les cartes IGN hors connexion.  Je ne le maitrise pas encore totalement. Jeudi dernier, avec Patrick, l’écran se bloquait régulièrement...

Pas question de se ravitailler en eau à la  source de Torcy. Ces satanées fées de la forêt, aussi discrètes le jour que la « Vouivre » de la Combe à la Serpent, ont dû passer la nuit à boire toute l’eau de la source. Les sources sont, comme chacun sait, un lieu de prédilection pour les sabbats de ces dames. Gare aux attardés ! On raconte que l’une d’entre elles, la « Dame Blanche »,  accoste les marcheurs attardés et les enferme dans la combe de Torcy. Seuls échapperaient à ce triste sort les marcheurs protégés par un panier contenant du sel et du pain. Nous n’avons ni pain ni sel. Heureusement, aucun d’entre nous n’est attardé (du moins le pensons-nous), donc nous échapperons à ce sort funeste.

La « Dame Blanche » tentera pourtant de nous y enfermer, dans cette combe. C’est en effet sûrement elle qui a couché,  en travers de notre chemin, un gigantesque chêne.  Le passage est impossible.  Josiane tentera bien de passer par dessous, mais en vain. Nous serons obligés d’effectuer une grande manœuvre de contournement.

Il faudra penser à prendre des sherpas et un baudet, la prochaine fois pour le pain, le sel, la hache et la  tronçonneuse...

C’est tranquille, le chemin est large, propre et propice au planté de bâtons... Trop tranquille, à mon goût. Dites camarades, que diriez-vous de cette petite côte, là sur la droite ? « Flexion, Touchez, Jeu ! » c’est parti, comme dira l’arbitre ce soir pour le « Crunch » France-Angleterre de rugby. Elle est bien cette côte... Jean-Emmanuel en profite pour s’échapper et tester sa montre connectée Fitbit. Jean Pierre et Josiane se mettent en marche afghane. Laurence, croyant que la montée est terminée, découvre soudain que l’on n’est qu’à la moitié. Je morfle un peu mais et regrette presque d’avoir eu cette idée... Allez, rendez-vous au sommet.  

Pour se reposer un peu, je propose un petit parcours ludique dans l’arboretum par le sentier Louis Braille.  Tient, il n’est pas sur ma carte IGN ! Mais je connais. Des bancs à deux niveaux, des tables de pique-nique nous attendent. Mais nous n’avons toujours ni pain ni sel. Un bref arrêt à la source de la Tuilerie nous confirme que les fées sont bien venues s’abreuver là aussi. Après la source, nous voici au bord de champs de maïs, qui, à défaut d’être  transgéniques, sont secs comme la langue du diable. L’ingénieur chimiste mexicain, inventeur de la pluie solide, n’est pas encore passé à Plombières. (1)

Nous voici de retour au Viaduc de Neuvon. Nous assistons à un « lâcher de loir » dans la nature par un petit garçon tout triste de se séparer de son ami. Un gros volatile échappé sans doute de la ferme pédagogique toute proche de Neuvon (2) attire notre attention.  Pour certains ce serait  une dinde, une autruche pour d’autres. La fatigue, après près de trois heures de marche, peut entrainer des hallucinations, parait-il...

Nous n’aurons croisé ni belette blanche, ni Dame Blanche. L’hiver est encore loin et la dame blanche, ce sera pour le dessert. En voici d’ailleurs une recette dont je laisse le soin à Jean Pierre de la tester (3). 

(1)     Un ingénieur chimiste a peut-être trouvé la solution pour résoudre le problème de sécheresse qui dévaste le nord du Mexique. http://www.lepoint.fr/science/l-eau-solide-19-01-2012-1420868_25.php 

(2)     La ferme de Neuvon, ouvre ses portes à tous les petits amoureux des animaux et leur fait découvrir les secrets de la ferme : étude des plantes sauvages, reconnaissance des graines, distribution de la nourriture aux animaux…

(3)    Recette dame blanche  : http://www.750g.com/dame-blanche-r48314.htm.