« Octobre en brumes, mois à rhumes » dit-on chez moi, en Charente. Et, justement, il y a un peu de brume ce matin du côté de Plombière-les-Dijon. Rhume d’octobre, mais aussi chutes, claquage, formation, vacances et travail, ont privé quelques-uns de nos vaillants marcheurs de ce traditionnel rendez-vous du samedi matin. En ce jour de Saint Hugolin, seuls trois aventuriers et aventurières m’accompagnent à Plombière : Laurence, Christiane et Jean Emmanuel.

Nous sommes au pied du viaduc de Neuvon, non loin de celui de Velars où, il y a un peu plus de 50 ans s’est déroulé l’un des plus graves accidents de train du 20ème siècle (1).

exces-vitesse

Nous longeons un moment la voie ferrée sans vraiment oser rivaliser avec les TGV qui foncent vers Paris. Comme mise en bouche, ça grimpe pas mal. Allez, on va se reposer dans la belle Combe des Biches. Pas pour longtemps… Voici une côte là, à droite, qui monte plutôt bien. Jean Emmanuel, qui a enlevé une couche avant d’attaquer, se frotte les mains... « J’aime ça, les côtes, moi ! » dit-il en s’élançant à toute berzingue « dré dans l’pentu ». Mais le vieux sage a dit : « L'homme jeune marche plus vite que l'ancien. Mais l'ancien connait la route ». Et l’ancien, c’est moi !

Faisons « chanter les bâtons » ! Non loin d’ici, sur le circuit de Prenois (2), des mordus de vitesse font chanter leur Kawasaki, Yamaha et autre Suzuki. Ce n’est pas tout à fait la même musique…

Laissons de côté le GR7 qui suit la route et enfonçons nous dans les bois. La grande pancarte mentionnant « Attention, tir à balles » sur fond rouge va-t-elle nous contraindre à rebrousser chemin? Que nenni !  Primo, il n’y a pas de battue au gros aujourd’hui. Deuxio : il n’y a pas de gros parmi nous (3)...

Nous voici à la rente du Fays, cette grande ferme isolée visible de loin. Tient, pourquoi ce terme de « rente » que l’on rencontre souvent en Côte d’Or (rente Neuve, de Chamerey, des Ecotois) ? Cela remonterait au moyen-âge. Le seigneur mettait une terre à disposition d’un roturier. La somme touchée était appelée une « rente » et le terme serait resté pour ces anciennes fermes.

Les maïs au milieu desquels nous passons, n’ont pas aimé la sécheresse cet été, et ils n’ont pas été coupés. Par contre, les pluies de ces derniers jours ont permis à la source de la Tuilerie de se refaire une petite santé, certes insuffisante au gré des naïades qui hantent habituellement ce lieu, mais assez abondante pour courir rapidement et gaiement en contre-bas.

Il faut encore remonter le GR et ça tire quelque peu en ce qui me concerne. Les marches de cette semaine ont laissé des traces : montée au Mont Afrique avec Christiane, marche "vitesse" avec Pat'One à Chenove, reco partielle de l'itinéraire de Plombière. 

La Combe Cigey est la bienvenue avec le retour du soleil. Dix kilomètres pile poil à 6 km/h avec un dénivelé de 280 m. Certes, la montre connectée du véloce Jean-Emmanuel, habituée à subir des 8 km/h et plus, ne risquait pas d’exploser.

Mais nous ne sommes pas en compétition. Aujourd’hui, il y avait une épreuve « Marche Nordique Tour » à Notre Dame du Mont. Les performances (4) des premiers (plus de 10 km/h de moyenne), me laissent perplexe…

(1)  Le déraillement du train Paris Marseille aurait été provoqué par un excès de vitesse et la dilatation des rails par une après-midi de forte chaleur. 

(2)  Le circuit a accueilli cinq Grands Prix de France de Formule 1 et un Grand Prix de Suisse en 1982 (le dernier organisé). Alain Prost y a gagné son premier Grand Prix en 1981 sur Renault. Niki Lauda est le dernier vainqueur en Formule 1 en 1984.

(3)  Tertio, les statistiques jouent en notre faveur : l’an dernier, sur 17 accidents de chasse, 12 chasseurs tués et 4 autos-accidents, un seul promeneur tué (et encore ce n’était pas un marcheur nordique)…

(4)  Résultats ici : http://www.wanarun.net/blog/resultats-championnats-nationaux-de-marche-nordique-2015-a-notre-dame-de-monts-46984.html