suzon

Nous sommes dans le Val Suzon ce matin. « Dijon périra par le Suzon »…. Vous avez probablement entendu cette prophétie que l’on se répète dans les rues de Dijon depuis des générations, d'un air vaguement inquiet. Vous  imaginez des flots furieux roulant dans les rues de la cité ducale, charriant pêle-mêle troncs d'arbres, pierres et corps emmêlés ?

Mais, en enjambant la petite passerelle au départ de notre marche, au-dessus de ce ruisseau d’un mètre de large, qui peut imaginer que le Suzon (ou plutôt « la Suzon », cette furie…) n’envahisse Dijon ?

Selon Robert Furter, attaché culturel à l'office du tourisme de Dijon, la vérité est toute ailleurs.  Pendant plusieurs siècles, la rue du Bourg voit prospérer la corporation des bouchers qui, allègrement, déversent leurs ordures dans la rivière dont un bras passe au fond de leur cour, dans la rue dite aujourd'hui Jules-Mercier.

Le lieu a tout du cloaque, bordé de masures entre lesquelles les bouchers égorgent les animaux. Au XVe siècle, d'ailleurs, le sinistre emplacement est connu sous le nom de « rue des Tueurs », puis « rue de la Vieille-Tuerie ». Quand le débit de la rivière est bas, la puanteur règne, les ordures stagnent et se décomposent, attirant leur cohorte de rats et les risques d'épidémies attachés aux ancêtres de Fievel et Ratatouille.

Dès le XVIe siècle, le gouverneur de Bourgogne ordonne la fermeture du Suzon. Mais chassez le naturel…les habitants continuent à balancer dans celui-ci tous types de déchets, allant même jusqu’à creuser des trous dans les voûtes enjambant le Suzon sur lesquelles sont bâties les maisons. Et oui, il n’y a pas encore le tout à l’égout ! Au début du XIXe siècle, la municipalité relâchant ses efforts hygiéniques, autorise même les tripiers de la rue du Bourg à rejeter via un canal commun leurs déchets dans le Suzon. Ce bouillon de culture n’est certainement pas étranger à l’épidémie de choléra qui frappera la cité des Ducs en 1832.

Si Dijon avait dû périr du Suzon, à coup sûr, c'est d'une épidémie véhiculée par les eaux troublées de la rivière, égouts à ciel ouvert qu'on enterrera, petit à petit, entre le Moyen Age et le XXe siècle. 

En tout cas, lors de cette marche effectuée avec Jean Pierre et Odile au départ de Val Suzon Haut nous ne risquions pas d’être pris dans les flots furieux du (de la) Suzon, vu que l’on était souvent sur des hauteurs...Voir la trace :  

Pour terminer, afin de ne point périr,Jean Pierre nous fait partager quelques « congolais », délicieuses pâtisseries maison à base de noix de coco...