Dure, dure la marche nordique en ce moment ! Non seulement il faut éviter les chasseurs de sanglier, trouver des chemins où l’on ne patauge pas dans la gadoue, mais il nous faut maintenant éviter les loups ! En effet, un loup aurait été vu cette semaine par un chasseur, du côté de Corcelles les Monts.

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Pas question, donc, de « se jeter dans la gueule du loup ». En vieux « loup de mer », j’ai donc proposé à la meute de se retrouver à Fixey au pied de l’église au toit en lave et au clocher de tuiles vernissées. Pas de chasse en battue ici ni de chemins trop boueux. Quant au loup, la seule la seule chance d’en rencontrer un serait de se trouver face à face avec quelque énergumène se transformant en « loup-garou » un soir de pleine lune. On espère donc rentrer avant le soir.

Dans un épais brouillard et par un « froid de loup », les « sudistes », Jean-Emmanuel, Jean-Luc et Michel s’étonnent de ne voir point arriver les « nordistes », Odile, Jean-Pierre et le vieux « loup solitaire » que je suis. Ces derniers ont été retardés par le brouillard. Mais, « quand on parle du loup, on en voit la queue... » et les retardataires arrivent au pied de l’église Saint Antoine, resplendissante dans la brume.

Il y a des inondations dans le sud de la France en ce moment. C’est même arrivé jusque dans le sac à dos de Jean-Pierre avec une bouteille d’eau renversée. Au lieu de compatir à la détresse de leur collègue, la meute sauvage le raille un peu. Que voulez-vous, « L’homme est un loup pour l’homme ». Jean-Pierre sera condamné à marcher sans sac à dos et sans vêtement de rechange.

Même en passant près du lieudit « La Réchaux », il fait froid et, afin de me réchauffer un peu, j’ai allumé les LED de mon coupe-vent. Ca fait un peu sapin de Noël, mais après tout, le lancement officiel des illuminations, c’est ce soir à Dijon.  

Ils se  dirigent « à pas de loup » vers ce célèbre GR7 – « connu comme le loup blanc » - qui relie les Vosges aux Pyrénées ». A pas de loup certes, mais à grands pas quand même. C’est qu’ils ont ce matin une envie de foncer dans le brouillard, une soif inassouvie de vitesse (ou un peu froid et marcher vite, ça réchauffe).

Quelle est longue cette montée... Et qu’il pince un peu les doigts, ce petit vent froid ! Dans quelques jours il va falloir mettre des gants. Mais le rythme est soutenu. La voici enfin,  cette rente de Chamerey, refuge au milieu de nulle part. Dire qu’elle recèle de plus de neuf siècles d’histoire ! Tient, pourquoi ce terme de « rente » que l’on rencontre souvent en Côte d’Or ? Cela remonte au moyen-âge. Le seigneur mettait une terre à disposition d’un roturier, moyennant la « tenure ». La somme touchée était appelée une « rente » et c’est resté pour ces anciennes fermes.

Direction Couchey avec un large chemin où les Garmin, Polar et autres GPS explosent soudain. Jean-Luc relève jusqu’à 8,5 km/h de vitesse instantanée....  Seul, un petit passage délicat de descente dans la combe Laveau ralentira les marcheurs. Il ne fallait pas se « lou-per ». C’est bon, j’arrête mes histoires de loup à deux balles.

Une construction étrange attire notre attention à Michel et moi. Elle n’avait pas trop attiré notre attention jusque-là. C'est une réserve d’eau, couverte, avec l’inscription pas très lisible : « 1799, An 8 ». Nous vérifierons à tête reposée que l’an VIII du calendrier républicain, correspond aux années 1799 et 1800 du calendrier grégorien.

Le « cul de four » de la petite église de Fixey réapparaît. Une petite visite s’impose avant de s’étirer un peu. Bilan : deux heures et quart de marche à une moyenne de 6,1 km/h et plusieurs cartons jaunes distribués pour marche non conforme. Une belle marche qui nous aura donné une « faim de loup»...